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Libération

Pékin n’a plus toutes ses têtes

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Un avocat chinois réclame la restitution d’un lièvre et d’un rat en bronze ayant appartenu au palais d’Eté de Pékin.

Publié le 21/02/2009 à 6h51

La lettre, signée Liu Yang, a été adressée début février rue Bonaparte : «La vente aux enchères des deux têtes de bronze est une offense et une atteinte au droit et à la dignité de la Chine et de son peuple… Elle affectera gravement les relations amicales entre les deux nations.» Le destinataire, Pierre Bergé a déclaré hier sur France Inter qu'il «était prêt à donner» les deux bronzes réclamés par Pékin… à condition que la Chine reconnaisse les droits de l'homme. A Paris, un juge devait statuer hier sur un référé déposé au nom de l'Association pour la protection de l'art chinois en Europe.

«La honte». L'avocat d'affaires pékinois, lui, a pris un billet d'avion. Pour arriver à Paris aujourd'hui, jour de l'ouverture de l'exposition de la collection Saint Laurent au grand Palais. On parle de la vente du siècle. C'est en tout cas l'affaire de la vie de Liu Yang, «patriote et amateur d'art chinois». Il est décidé à faire casser la vente, pour laver son pays de «la honte et l'humiliation».

Parmi les Matisse et les Picasso du couturier français, se trouvent un lièvre et un rat de bronze, objets du litige. Avant d'encadrer la cheminée de Bergé, ces têtes ornaient, avec les dix autres signes du zodiaque, la principale fontaine du palais d'Eté de Pékin depuis le règne de l'empereur Qianlong (1736-1795). Les douze statuettes ont disparu dans les malles des troupes franco-britanniques lors du sac du palais en 1860, devenant le symbole de l'«hu

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