L’armée rwandaise a commencé cette semaine à quitter la république démocratique du Congo (RDC). Mais cette fois-ci, sous les vivats. Entrés au Congo le 20 janvier à la demande de Kinshasa, les soldats rwandais étaient venus participer, aux côtés de l’armée congolaise, au démantèlement des FDLR, la rébellion hutue extrémiste réfugiée dans les forêts de l’est du Congo depuis le génocide de 1994 au Rwanda. L’opération, baptisée «Umoja Vetu» (notre unité, en swahili), marque la spectaculaire et inattendue réconciliation entre Kinshasa et Kigali après quinze ans de relations tumultueuses, dont la principale pomme de discorde a été la présence des FDLR au Congo, faisant d’eux une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête du régime tutsi de Kigali et des populations tutsies congolaises vivant au Kivu depuis des décennies, voire des siècles.
Prétextes. Depuis quinze ans, Kinshasa et Kigali ont instrumentalisé les FDLR : prétextes à intervenir pour le Rwanda, forces d'appoint côté congolais. En 1996, puis en 1998, le Rwanda a envahi la RDC, officiellement pour venir à bout des FDLR, mais aussi pour piller ses ressources minières. Plus récemment, la menace a été brandie comme justification à la rébellion de Laurent Nkunda, chef militaire tutsi congolais, allié au Rwanda, et refusant de désarmer son mouvement. A l'automne, l'armée congolaise lançait une offensive pour venir à bout de cette dissidence mais les combattants de Nkunda infligeaient une déroute aux trou




