Devant le palais de Koraytem, la résidence beyrouthine de Saad Hariri, deux pancartes barrées d’un seul mot accueillent le visiteur : «la vérité». La vérité, c’est le slogan scandé depuis le 14 février 2005, jour de l’attentat contre l’ancien premier ministre Rafic Hariri, par des centaines de milliers de personnes qui sont régulièrement descendues dans la rue pour dénoncer les assassinats politiques. Celui de l’ancien premier ministre, Rafic Hariri. Celui du journaliste Samir Kassir, le 2 juin 2005. Celui de l’ancien chef du parti communiste, George Hawi, le 21 juin 2005. Au total, 13 personnalités ont été prises pour cible depuis octobre 2004, 10 ont été tuées. Leurs noms sont venus s’ajouter à la longue liste des «martyrs du Liban». Des hommes politiques de tous bords assassinés ces trente dernières années. Leurs familles ont presque toujours attendu en vain que justice leur soit rendue. Hier, l’entrée en fonction du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), était avant tout porteuse d’un espoir pour elles : la fin de l’impunité pour ceux qui commettent des crimes politiques dans le pays.
«Le cas de mon mari est trop ancien, il ne sera pas examiné par la cour, explique Solange Gemayel, veuve de l'ancien président Béchir Gemayel, victime d'un attentat en 1982 et tante de l'ancien ministre de l'industrie, Pierre Gemayel, tué par balles en novembre 2006. Mais pour moi, les coupables sont les mêmes. La mise en place de ce tribunal est très importante. J'espère que ces tr




