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Les avocats, «une menace» muselée par Pékin

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Droits de l’homme. Les autorités chinoises multiplient les intimidations.

ParPascale Nivelle
PÉKIN, de notre correspondant
Publié le 02/03/2009 à 6h51, mis à jour le 02/03/2009 à 6h51

Ils ont défendu Hu Jia et Chen Guangcheng, militants des droits de l'homme emprisonnés, mais aussi des centaines de citoyens ordinaires. Ils ont signé la Charte 08, pétition appelant à des réformes démocratiques, qui met le gouvernement chinois en émoi. Ils tiennent des blogs sur la corruption, l'injustice au quotidien, le Tibet, le droit à la santé et à la propriété. Ils réclament un barreau, qui les représente et les défende. Leur seule revendication est la stricte application de la loi. Cette poignée d'avocats, à peine une soixantaine sur les 15 000 inscrits à Pékin et encore moins en province, dérange. «Les avocats représentent une menace pour le régime car ils agissent dans la légalité, explique Li Fangping, avocat de 35 ans. Ils sont incontrôlables

«Bourreau». Ce n'est pas faute d'essayer. Yitong, plus célèbre des cabinets de la capitale en matière de droits de l'homme, est menacé de fermeture pour six mois par l'administration du district de Haidian. «Ce serait la mort de la firme», affirme l'un des fondateurs, Liu Xiaoyuan. L'avertissement est tombé à la mi-février, et la probable confirmation devrait être donnée demain : «On attend que les bourreaux frappent avec leur couteau», dit Li Jinsong, membre de Yitong et défenseur, entre autres, de Hu Jia.

La raison de cette suspension ? Le cabinet aurait employé un avocat interdit d'exercer depuis qu'il a attaqué légalement le bureau de justice de sa province. «Un pr

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