Menu
Libération

Chèque en blanc pour les bronzes

Réservé aux abonnés

L'acquéreur chinois de deux têtes mises aux enchères à la vente Saint-Laurent et revendiquées par Pékin affirme qu'il ne versera pas l'argent

Publié le 03/03/2009 à 6h51, mis à jour le 03/03/2009 à 6h51

Le gagnant est… Cai Mingchao. L'enchérisseur anonyme qui a enlevé les deux têtes de bronze chinoises à la vente Saint Laurent-Bergé la semaine dernière s'est démasqué hier matin lors d'une conférence de presse à Pékin. Col mao, cheveux courts, ce PDG d'une maison d'enchères de Xiamen a eu «l'honneur» de faire ce que «chaque Chinois aurait voulu faire à ce moment-là». Emporter pour 31,49 millions d'euros taxes comprises deux trésors du patrimoine chinois, partie du pillage du palais d'Eté de Pékin par les troupes franco-britanniques en 1860. «J'ai simplement pris mes responsabilités, a assuré Cai Mingchao, au nom du peuple chinois.»

Les perdants sont Christie's et Pierre Bergé. Car Cai Mingchao, aussi richissime collectionneur soit-il (il avait emporté un bouddha de la dynastie Ming pour 15 millions de dollars en 2006), n'a pas l'intention de payer : «L'argent ne sera pas versé, j'insiste là-dessus.» N'a-t-il pas les moyens de régler l'addition ? Refuse-t-il tout simplement de payer à des Français ce que la France a volé il y a cent cinquante ans ? Son enchère était un coup de bluff. A ses côtés, lors de la conférence de presse, se trouvait le directeur du Fonds du patrimoine national de Chine, ONG fondée en 2002 sous le patronage du ministère de la Culture chinois pour récupérer les œuvres d'art éparpillées dans le monde. Cai Mingchao en est le consultant. Le directeur, Niu Xiangfeng, a lu un communiqué, éclairant le fond de l'affa

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique