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Libération

Le Soudan sous mandat d’arrêt

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Publié le 05/03/2009 à 6h51

«Wanted !» Comme un vulgaire criminel. Pour la première fois, un chef d'Etat en exercice, le président soudanais Omar el-Béchir, qui n'est pas un paria en sursis comme Milosevic ou Charles Taylor, fait l'objet d'un mandat d'arrêt et d'une inculpation pour son implication directe et personnelle dans les crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour. Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye ont rendu hier une décision historique. Ils ont abandonné l'accusation de génocide défendue par le procureur Luis Moreno Ocampo, estimant qu'elle n'était pas assez étayée. Mais cela ne change rien, ni au drame du Darfour, où près de 300 000 civils (surtout africains : Fours, Masalits, Zaghawas, etc) ont été tués en six ans par l'armée et les milices gouvernementales (Jenjawids), ni au mandat d'arrêt.

«Même les présidents n'ont plus les mains libres pour commettre des crimes horribles», s'est félicité hier Richard Dicker, de Human Rights Watch. Mais quelles seront les conséquences de ce saut dans l'inconnu ? Seules deux choses sont sûres : le Soudan a exprimé un «refus total» de cette «décision politique» ; et personne n'ira à Khartoum arrêter le président El-Béchir. Chaque visite de chef d'Etat au Soudan ou de réception d'Omar el-Béchir à l'étranger sera un camouflet pour la justice internationale. Le premier test va arriver très vite : le président soudanais a l'intention de participer au sommet arabe de Doha, au Qatar, fin mars. Le c

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