C'est un impératif financier. Endettée comme jamais, contrainte d'investir dans la relance de son économie et de réduire son déficit budgétaire, l'Amérique doit, à la fois, stabiliser ses relations avec son bailleur de fonds chinois et s'employer à diminuer ses dépenses militaires - à se sortir, autrement dit, des guêpiers irakien et afghan et à tenter, parallèlement, de prévenir de nouvelles crises régionales qui lui coûteraient, aujourd'hui, trop cher. Comme le dit Hillary Clinton, «l'heure du réalisme a sonné» et cela ne cesse plus de se voir. Dès le mois dernier, à Pékin, lors de sa première tournée étrangère, la secrétaire d'Etat s'était montrée aussi discrète sur les libertés qu'insistante sur «l'imbrication» des économies chinoise et américaine. «C'est ensemble que nous nous en sortirons ou échouerons», avait-elle martelé, expliquant que l'endettement des Etats-Unis allait «se développer» mais qu'il ne serait pas «dans l'intérêt de la Chine» que l'économie américaine «ne reparte pas». Même un George Bush l'aurait compris. Si la consommation poursuit son recul aux Etats-Unis, le nombre de fermetures d'usines décuplera en Chine. Le nombre de chômeurs s'y accroîtra encore et, face à la menace de troubles sociaux, les autorités chinoises seraient, sans doute, moins promptes à soutenir l'Amérique en continuant d'acheter ses bons du Trésor. Chinois et Américains sont condamnés à se serrer les coudes et éviter les sujets
On ne reconnaît plus l’Amérique
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Publié le 11/03/2009 à 6h54, mis à jour le 11/03/2009 à 6h54
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