Après l'Erythrée, l'Egypte. Le président soudanais, qui n'aime pas les voyages, ne cesse de les multiplier depuis qu'il est sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI). La visite d'Omar el-Béchir, hier au Caire, est la deuxième à l'étranger depuis l'inculpation de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour. Le Soudanais a même eu droit à un traitement de faveur de son homologue égyptien, Hosni Moubarak, qui est allé l'accueillir à l'aéroport. Les deux présidents se sont entretenus «de la situation au Darfour, des moyens de parvenir à une solution à ce conflit interne et de garantir une situation humanitaire qui ne permette à aucune partie étrangère de prétendre qu'il y a une crise humanitaire», selon le chef de la diplomatie égyptienne.
Le Caire, qui n’a pas ratifié le traité fondateur de la CPI, a milité contre l’inculpation du chef d’Etat soudanais, qu’elle soutient. Traditionnellement, l’Egypte considère le Soudan comme son arrière-cour et soutient le gouvernement central de Khartoum contre toute guérilla qui pourrait menacer l’intégrité territoriale du Soudan et, par là même, le statut du cours du Nil, essentiel à sa survie. De par son statut diplomatique, le soutien de l’Egypte à El-Béchir est un désaveu de taille pour la CPI. Le président soudanais pourrait assister au sommet de la Ligue arabe prochainement au Qatar. Par ailleurs, au Darfour, un employé soudanais d’une ONG occidentale a été tué par des inconnus




