La révolution conservatrice ne s’était pas faite en un jour. Si la peur du communisme n’avait pas disparu avec l’URSS et si l’argent ne s’était pas soudain senti libre de rompre avec un demi-siècle de compromis sociaux, la déréglementation de l’économie n’aurait pas aussi vite triomphé et ce ne sera pas non plus, en une seule journée, demain, à Londres, au sommet du G20, que le monde sortira du libéralisme.
Il faudra plus de temps que cela pour affirmer l'ère nouvelle qui s'annonce, celle du retour de l'Etat. Il y faudra plus de secousses encore, mais qui aurait imaginé, pourtant, il y a sept mois seulement, qu'un vice-président des Etats-Unis puisse déclarer, comme vient de le faire Joe Biden, qu'il fallait «protéger le marché des avocats du marché libre» ?
Qui aurait, alors, cru que les sept pays les plus riches du monde seraient contraints, pour sauver l’économie mondiale, d’ouvrir leur club, le G7, à treize autres Etats, émergents pour la plupart ?
Avant que le krach de la finance américaine ne plonge le monde dans la récession, qui aurait envisagé que des gouvernements puissent se mêler de plafonner des revenus patronaux et que les paradis fiscaux, ces trous noirs de la finance internationale, ces modèles de déréglementation échappant à la surveillance et à l’imposition des grands Etats, devraient renoncer à leur opacité pour négocier leur survie ?
Qui aurait prédit, avant la crise, que des capitaux commenceraient, en conséquence, à fuir ces places «offshore»




