Visage poupin, teint rose de jeune fille, on donnerait le bon Dieu sans confession à ce géant d'allure bonasse qui se prête amusé aux contorsions qu'exige de lui le photographe. Ce jour-là, en visite à Paris, Dmitri Rogozine, depuis un an ambassadeur de la Russie auprès de l'Otan, à Bruxelles, semble vouloir se défaire de son image d'histrion de la politique russe. Costume passe-partout, avec pour seule originalité une montre de motard, un de ses petits péchés, «son Excellence» est résolue à jouer de son charme. Elle n'en oublie pas tout à fait son humour. On dit de lui que qu'il est le visage de la nouvelle puissance russe : «Lequel, celui de l'agression ou du mensonge ?» rétorque du tac au tac le diplomate dans un français parfait, avant de modérer d'un «mais non, mais non, c'est une blague». L'homme est coutumier de l'humour caustique. Il ponctue toutes ses interviews de petites phrases provocatrices. A des journalistes de France Inter, il lance que Mikhaïl Saakachvili, le président de la Géorgie avec qui la Russie est entrée en conflit en août, est un «nazi», à ceux de la BBC que les pays de l'Otan sont «comme des chiens, ils ne voient qu'en noir et blanc». Le géant s'esclaffe : «Au début, mes collègues ambassadeurs à Bruxelles étaient mal à l'aise, car ils étaient conscients de mes capacités de m'adresser à l'opinion occidentale avec des mots faciles à comprendre.»
Si on voulait décrire monsieur l'ambassadeur en novlangue sark




