Menu
Libération
EDITORIAL

Provocation

Réservé aux abonnés

Publié le 06/04/2009 à 6h51

Dans le «monde nouveau» d’Obama, quelle est donc la place de la Corée du Nord ? Ceux qui avaient estimé que Pyongyang pourrait surseoir au lancement de sa fusée, alors que le président américain déclinait sa volonté de non-prolifération à Prague, ont mal jugé la détermination de la dictature communiste. Comment peut-on croire à la version officielle d’un simple placement sur orbite d’un satellite de communication ? Préparé depuis des semaines, ce tir est avant tout de portée politique. Une ultime provocation de l’incontrôlable Kim Jong-il, qui montre simplement que le jour où il le voudra, il pourra monter ses missiles d’une tête nucléaire et les diriger vers qui bon lui semble. Au nez et à la barbe de la communauté internationale, pourtant unanime dans sa condamnation. Sacré avertissement pour Obama, qui se retrouve soudain à confronter les velléités de deux des représentants de «l’axe du mal» si cher à son prédecesseur.

Jusque-là, les tentatives de dialogue avec l’Iran n’ont pas donné grand-chose. A sa manière, Kim Jong-il cherche lui aussi à «discuter» et à reprendre, en position de force, les négociations sur la dénucléarisation de la péninsule, dans l’impasse depuis l’année dernière. Pour Obama, le défi est de maintenir un discours de fermeté - notamment à travers le forum onusien - envers deux nations qui restent une menace, tout en se ménageant une marge de manœuvre pour faire évoluer les choses. Sinon, l’ordre planétaire multilatéral que le locataire de la Maison

Dans la même rubrique