Alger, envoyé spécial
Il est redevenu ce qu’il était il y a vingt ans, un opposant virulent, mais peut-on encore le croire après une si longue parenthèse ? Le docteur Saïd Saadi, fondateur et secrétaire général du Rassemblement pour la culture et la
démocratie (RCD), a hissé le drapeau noir, au sens propre. Les permanences de son parti ont remplacé l’emblème algérien par une bannière noire, en signe de «deuil national», le deuil de la démocratie. Première nouvelle : elle aurait donc existé la démocratie ?
Saadi reçoit au siège du RCD, une grande villa dans le beau quartier d'El-Biar, un brassard noir noué sur le veston. Amaigri et l'air soucieux, le psychiatre est sorti de son silence pour appeler au boycott de l'élection présidentielle de demain. «Ce qui s'est passé le 12 novembre [la limitation à deux mandats présidentiels a été levée par un vote des députés à main levée, ndlr] est un coup d'Etat. Pour changer la Constitution, il faut un référendum. Le Parlement algérien a commis une forfaiture. Et maintenant, nous sommes partis pour une présidence à vie.»
Basculement. Au début de la campagne, le RCD avait décidé de geler ses activités. Mais, face à l'incompréhension de ses militants, abandonnés à eux-mêmes voire, pour certains, séduits par l'opposition plus frontale du Front des forces socialistes (FFS), l'ancien militant berbériste retrouve ses accents des années 80, lorsqu'il voulait s'attaquer au système. «Nous sommes à un poi




