Comme en 2003, lors de la révolution des Roses, les Géorgiens sont descendus dans les rues pour réclamer des changements politiques. Ils étaient des dizaines de milliers à crier devant le Parlement «Micha, va-t-en». Micha est le diminutif du prénom de leur Président, Mikhaïl Saakachvili, le maître d'œuvre de la révolution des Roses, dont la popularité a été profondément ébranlée par la guerre d'août 2008 avec la Russie pour le contrôle des territoires séparatistes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie.
Les manifestants, qui appartiennent à plusieurs mouvements et arboraient divers drapeaux, n’avaient pourtant qu’une seule affiche : celle représentant le leader géorgien, effrayé, plaqué au sol par ses gardes du corps au moment où il est pris sous des tirs.
Humiliation. La scène a eu lieu en août 2008 à Gori, une ville prise par les chars russes, située à peine à 70 km de la capitale, Tbilissi. Le symbole d'une humiliation que beaucoup de Géorgiens ne sont pas près d'oublier ni de pardonner. «Le Président avait promis de restaurer l'intégrité territoriale du pays. Il n'a pas tenu ses promesses, c'est pourquoi nous demandons sa démission», a déclaré à la tribune David Alasania, l'ex-ambassadeur de Géorgie à l'ONU qui, à 36 ans, fait figure de nouvelle étoile montante de l'opposition. Une autre dissidente, Nino Bourdjanadzé, qui exerçait jusqu'en mai la fonction de présidente du Parlement, a sur le même registre déclaré : «Un président qui a perdu la guerre doit d




