La Mauritanie fonce tout droit dans le mur. C'est l'avertissement lancé par l'un des chefs de file de l'opposition, Ahmed Ould Daddah, le dirigeant du RFD (Rassemblement des forces démocratiques), de passage à Paris : «Avec d'autres, la France semble se résigner au maintien de l'armée au sommet de l'Etat pour garantir un minimum de stabilité dans notre pays, c'est une erreur, dit-il. Un tel scénario fera le lit d'autres coups d'Etat, voire d'une guerre civile.»
Parenthèse. De fait, tout semble se mettre en place à Nouakchott non pas pour une sortie de crise pacifique mais bien pour une nouvelle période d'instabilité. En août, le général Ould Abdel Aziz avait déposé le président, Sidi Ould Cheickh Abdallahi. Elu démocratiquement et à la régulière l'année précédente, il avait mis du même coup fin à trente ans de règne des militaires à la tête du pays. Mais la parenthèse a été de courte durée. En quelques mois, Sidi Ould Cheickh Abdallahi a réussi à se mettre à dos les parlementaires et l'armée et à susciter l'inquiétude des chancelleries occidentales face à la multiplication des attaques de groupes liés à Al-Qaeda en Mauritanie.
Dans ces conditions, la communauté internationale a, certes, condamné le putsch, mais elle s'est bien gardée de réclamer la restauration du président déchu, plaidant plutôt pour le «retour à l'ordre constitutionnel» par le biais de nouvelles élections. Sous le coup de sanctions internationales, notamment de la part de l'Union




