Les événements de ces derniers jours à Bangkok et dans la station balnéaire de Pattaya sont d’une certaine manière la revanche des «chemises rouges» sur les «chemises jaunes». Fin 2008, les manifestants opposés à l’ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra avaient occupé l’enceinte du palais du gouvernement pendant des mois et bloqué les deux aéroports internationaux de la capitale durant huit jours. Leur blocus avait abouti à la chute du gouvernement de Somchai Wongsawat, beau-frère de Thaksin.
Les partisans de Thaksin s’étaient alors offusqués du fait que les chemises jaunes puissent ainsi enfreindre l’ordre public au détriment de l’intérêt général. Ces derniers jours, les chemises rouges ont montré qu’elles aussi pouvaient déroger aux lois en vigueur et semer la pagaille. Leur appel à un soulèvement général est clairement une tentative de coup d’Etat civil.
Programmes sociaux. Ce mouvement de protestation a une double dimension. D'abord, il faut parler du rôle de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé en 2006 par un coup d'Etat. Celui-ci a acquis une forte popularité auprès des classes les plus démunies de la population par ses programmes sociaux. Il a sans doute été le premier chef de gouvernement du pays à se soucier du sort des 60 % de Thaïlandais qui travaillent dans l'économie informelle : migrants venus de province, chauffeurs de taxi ou colporteurs. Aujourd'hui exilé après sa condamnation pour abus de pouvoir, Thaksin Shinawatra a pour principal o




