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A Jénine, les violons de la paix grincent

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Pour avoir joué devant des rescapés de la Shoah, Wafa Younis, Arabe israélienne, a été déclarée persona non grata au camp de réfugiés palestinien.

Publié le 14/04/2009 à 6h51, mis à jour le 14/04/2009 à 6h51

Vêtue d'une longue robe traditionnelle palestinienne, Wafa Younis fume cigarette sur cigarette dans son salon encombré de livres et de partitions, à Ara, un village arabe d'Israël, limitrophe du nord de la Cisjordanie. «Ses enfants», comme elle les appelle, les jeunes musiciens de l'orchestre qu'elle a créé dans le camp de réfugiés de Jénine, lui manquent. Ses yeux s'animent lorsqu'elle en parle, donnant une vie soudaine à son visage marqué, encadré par des cheveux courts. Cette Arabe israélienne, divorcée et mère de quatre enfants, dit se «sentir avant tout palestinienne».

Oum Kalsoum. Jusqu'à une quinzaine de jours, elle se rendait deux fois par semaine à Jénine pour apprendre à une vingtaine de jeunes, âgés de 10 à 18 ans, à jouer du violon, du darbuka (genre de tambour répandu au Proche-Orient) et à chanter.

Elle est désormais persona non grata dans la ville palestinienne. Sa faute : avoir organisé un concert en Israël devant des survivants de la Shoah. Quelques jours après, elle rencontrait les parents de ses élèves dans le camp de Jénine, lorsque des hommes armés en civil l'ont arrêtée, emmenée au poste de police et raccompagnée au check-point israélien. «Nous ne pouvons pas l'empêcher d'entrer dans le camp de réfugiés de Jénine, mais nous ne pouvons nous porter garants de sa sécurité», a indiqué Adnan Hindi, un responsable du camp. Peu après son expulsion, des membres des forces de sécurité palestiniennes ont prévenu

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