Des dizaines de milliers de civils pris dans la dernière poche de résistance tenue par les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ont réussi à s'enfuir hier lorsque les forces gouvernementales sri-lankaises ont ouvert une brèche dans les fortifications des rebelles. «Plus de 35 000 personnes sont passées de notre côté depuis ce matin», s'est félicité le président Mahinda Rajapakse. Les autorités ont présenté aux journalistes occidentaux, toujours interdits d'accès à la zone des combats, des photographies aériennes montrant des milliers de gens s'enfuyant à pied ou à la nage tandis que 2 000 autres ont fui la zone par bateau.
Entre 70 000 et 100 000 civils seraient cependant toujours retenus dans la poche, une étroite bande de terre d'une quinzaine de kilomètres carrés longeant l'océan Indien. Les forces gouvernementales, qui bombardent régulièrement cette zone, ont été accusées par l'ONU de tirer de manière indistincte. Elles répondent en accusant les rebelles d'utiliser les civils comme «boucliers humains». Depuis que les combats ont redoublé de violence début avril, les Occidentaux réclament un cessez-le-feu qui permettrait aux civils de se mettre à l'abri. Selon les Nations Unies, au moins 2 800 personnes ont été tuées au cours des trois derniers mois.
Le régime de Colombo estime, après la fuite éperdue des civils, que la rébellion tamoule, dont le bastion Kilinochchi est tombé en janvier, est à l'agonie. Il a donné vingt-quatre heures aux Tigres et à l




