Vingt ans après le démantèlement de l’apartheid en Afrique du Sud, l’aura de l’ANC (Congrès national africain), le parti de Nelson Mandela, reste intacte. Selon les dernières estimations, il obtiendrait environ 66 % des voix à l’issue des législatives de mercredi. Ceux qui pronostiquaient son déclin en sont pour leurs frais.
Décevant. Le score du parti dissident de l'ANC, le Cope (Congrès du peuple), fondé par des proches de l'ex-président Thabo Mbeki, est décevant : autour de 8 % des suffrages. L'Alliance démocratique dirigée par la maire du Cap, Helen Zille, reste la principale force d'opposition avec plus de 16 % des voix, essentiellement celles de la minorité blanche. Les électeurs n'ont donc pas tenu rigueur à l'ANC d'un bilan contrasté en matière économique et sociale. Depuis son accession au pouvoir en 1994, le parti a certes construit des millions de logements sociaux et raccordé de nombreux foyers au réseau d'adduction d'eau et d'électricité. Mais le chômage touche environ 40 % de la population active, et le pays connaît l'un des taux de criminalité les plus élevés au monde, avec 50 homicides quotidiens.
Si l’ANC maintient ses positions, c’est en grande partie grâce à son leader, Jacob Zuma, d’ores et déjà assuré d’être élu chef de l’Etat lors de la première session du nouveau Parlement, le 6 mai. Cet autodidacte d’origine zouloue, au langage direct, pour ne pas dire démagogique, est très populaire. Paradoxalement, ses ennuis judiciaires et sa disgrâce politiq




