La nouvelle Islande s'ancre résolument à gauche. «Notre heure est arrivée», a commenté, radieuse, Johanna Sigurdardottir, à la tête des sociaux-démocrates, grands vainqueurs des législatives de samedi, et Première ministre sortante du gouvernement intérimaire formé en février. En infligeant la gifle attendue au Parti de l'indépendance, conservateur et néolibéral, jugé responsable de l'effondrement économique du pays, les Islandais ont confirmé leur volonté de tourner définitivement une page.
Cheval de bataille. C'est donc une coalition de formations de gauche qui a emporté la majorité des sièges au Parlement : avec 32,8 % des suffrages, les sociaux-démocrates en raflent 20 ; leur allié, le mouvement Gauche-Verts, compte 14 sièges, et le tout jeune Parti citoyen, formation née pendant les manifestations populaires de l'hiver, obtient 4 sièges. Avant même la publication des résultats définitifs, le Parti de l'indépendance a reconnu sa défaite. Tout en promettant un retour en force dans les prochains mois, en enfourchant son éternel cheval de bataille : le refus d'une adhésion à l'Union européenne.
Cette question divise aujourd’hui l’Islande, jusque dans les rangs des vainqueurs de ces législatives anticipées. Europhile convaincue, Johanna Sigurdardottir, 66 ans, qui devrait être très vite reconduite à la tête du gouvernement, souhaite accélérer la cadence en demandant une adhésion immédiate à l’UE. Son ambition : adopter l’euro sous quatre ans. La couronne islandai




