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Libération
Reportage

«Les particules de la grippe peuvent voler jusqu’à 3 mètres»

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Dans la capitale mexicaine, amorphe, les habitants s’efforcent de rester cloîtrés.

Publié le 28/04/2009 à 6h51

Dimanche, 9 heures du matin. Coyoacán, quartier du sud de Mexico, havre de paix aux rues pavées et aux maisons colorées. Trois hommes sur une petite mobylette patientent au feu rouge. Les trois portent le même masque bleu. Sur la Plaza Hidalgo, esplanade ombragée, une nuée d'enfants virevolte autour d'un homme qui manie une grande marionnette en bois. Lui et son pantin portent le masque réglementaire. Parodie du mimétisme ambiant. Ce dimanche, à Mexico, on ne sort plus sans son masque.

10 heures. La presse titre sur les 81 morts et la fermeture des écoles jusqu'au 6 mai. Le vendeur de journaux offre des petits masques bleus, qu'on ne trouve déjà plus dans les pharmacies. L'inquiétude est repoussée à coups d'adages populaires. «Comme tout le monde le sait, tout se guérit avec une petite tequila !» lance un homme. L'assemblée acquiesce, dans un éclat de rire.

11 heures. Les portes de l'église Saint-Jean-Baptiste sont grandes ouvertes mais les paroissiens restent sur le parvis. «C'est ridicule qu'on ne puisse pas se réunir pour la messe alors que les gens s'entassent dans le métro», bougonnent deux dames. A quelques pas de là, les artisans montent leurs étals. Les marchés de Coyoacán attirent généralement la foule le week-end. «Aujourd'hui, il n'y a que quelques badauds, mais ce n'est pas cela qui m'inquiète, souffle une marchande. Les informations sont confuses. Depuis quand l'épidémie court-elle ? Combien de malades y a-t-il réelleme

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