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Libération
De notre correspondant

Mayawati Kumari, «intouchable», incontournable et irresponsable

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Inde. La sulfureuse pasionaria des Dalits peut sortir gagnante des législatives.

Mayawati Kumari littéralement enguirlandée par ses partisans, fin mars. (Reuters)
Publié le 02/05/2009 à 6h51, mis à jour le 02/05/2009 à 6h51

Une «intouchable» Première ministre de l’Inde ? Aussi surprenant que cela puisse paraître dans ce pays où la discrimination de castes reste omniprésente, l’hypothèse est aujourd’hui plausible. La présidente du Bahujan Samaj Party (BSP, Parti de la société dalit), Mayawati Kumari, a en effet toutes les chances d’émerger des élections législatives en position de force. Motif : l’éclatement du paysage politique indien où, avec la montée en puissance des partis régionaux, les grandes formations nationales - le Parti du congrès et le Bharatiya Janata Party (BJP) - ne peuvent plus espérer obtenir une majorité absolue au Parlement fédéral. Or, la «reine des intouchables», comme on l’appelle, dirige la plus importante de ces formations secondaires, ce qui pourrait fort bien la rendre incontournable pour former la prochaine coalition gouvernementale. Et si les deux grands partis nationaux sortent trop affaiblis du scrutin, elle pourrait même être en mesure de former sa propre coalition.

Opportuniste. Agée de 53 ans, cette femme qui a bénéficié du système de discrimination positive réservé aux basses castes incarne à la fois le triomphe de la démocratie indienne et sa facette la plus sombre, faite de populisme, de corruption et d'opportunisme. Elevée dans un bidonville avec huit frères et sœurs par un père employé de bureau et une mère analphabète, Mayawati a lâché sa carrière d'institutrice au début des années 80, pour suivre son mentor, Kanshi Ram, le fondateur du BS

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