Dimanche matin, Jaffa. Les cloches de l’église Saint-Anthony carillonnent dans la rue principale du port millénaire, ville mixte devenue symbole d’une coexistence possible entre Juifs et Arabes. Alors que les commerces - mélange bourgeois bohème de marchands de poissons, de galeries d’art et de cafés branchés - ouvrent lentement en ce premier jour de la semaine israélienne, les Philippins célèbrent la messe dominicale qui succède à celle des Arabes. Ils sont plusieurs centaines, venus des quatre coins du pays, à se retrouver chaque semaine pour l’office, en anglais, à laquelle assistent aussi des Africains et des Indiens.
Ces chrétiens oubliés de Terre sainte n’apparaissent pas dans les statistiques officielles car ce sont en grande majorité des travailleurs étrangers, nombre d’entre eux illégaux. Plus de 200 000 travailleurs étrangers résident en Israël, la moitié environ vivant dans l’illégalité, selon les chiffres du gouvernement.
Franciscain. Philippins et Africains, les deux communautés les plus importantes, sont en grande majorité chrétiens. Ils viennent officieusement grossir les rangs des 200 000 Arabes chrétiens, présents notamment en Galilée - dans le nord d'Israël -, à Jérusalem-Est et dans les Territoires palestiniens. Sur les 24 000 catholiques de l'agglomération de Tel-Aviv-Jaffa, 23 000 sont étrangers (philippins, africains et indiens), la communauté arabe ne représentant qu'un millier de personnes, selon le père Toufic, curé franciscain de l'ég




