«Une tuerie», «un bain de sang» : le porte-parole du bureau des Nations unies au Sri Lanka n'a pas mâché ses mots, hier, pour qualifier le dernier pilonnage à l'aveuglette de l'armée contre les 500 rebelles tamouls et les 50 000 civils qu'ils assiègent, depuis fin avril, sur une minuscule bande de territoire sablonneux dans le nord-est de l'île. «Plus de 100 enfants ont péri» dans les bombardements déclenchés samedi, selon le responsable de l'ONU, Gordon Weiss.
Un groupe d'ONG a dénoncé le «mépris total pour la vie humaine» dont fait preuve l'armée, et tout autant les impitoyables rebelles du mouvement des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE). Ces derniers continuent d'embrigader des enfants dans leurs rangs et retiennent les civils qui les accompagnent contre leur gré, selon l'International Crisis Group (ICG).
Huis clos. Un médecin du gouvernement sri-lankais, Shanmugarajah, a estimé à «378 au moins et peut-être autour d'un millier» le nombre de civils tués dans les bombardements de ce week-end. «Beaucoup d'entre eux sont décédés par manque de soins médicaux», a expliqué le docteur, cité hier par le New York Times.
Les journalistes et les travailleurs humanitaires se sont vu interdire l'accès aux champs de bataille, et il reste difficile, en absence d'images et de témoignages, de se faire une idée précise de ce qui se passe réellement. Le huis clos voulu par l'armée, toutefois, en dit lon




