Les photographies de la jeune femme souriante et de ses deux enfants enlacés dans des cadres en forme de cœur trônent dans le salon des Ghareeb, à Beit Sahour, un village chrétien des environs de Bethléem. Depuis une dizaine d'années, Majdoleen, 35 ans, la fille aînée de la famille, a immigré aux Etats-Unis «où elle a réussi», soulignent d'une seule voix ses parents Issa et Dalal, avec fierté. Elle est devenue un exemple pour ses frères jumeaux, Amjad et Rajaee, qui rêvent de la rejoindre à Houston, au Texas. Agés de 32 ans, ils vivent de petits boulots, malgré leurs diplômes, désespérant de réunir les fonds nécessaires pour se marier et quitter le domicile parental. Issa, 60 ans, un sculpteur spécialisé dans les scènes bibliques, songe quant à lui à l'Espagne. Dalal est la seule à vouloir rester en Cisjordanie, parce que, dit-elle, «ce n'est sûrement pas beaucoup mieux ailleurs».
«Incertitudes». Chômage endémique, occupation israélienne, tensions avec la majorité musulmane : les chrétiens - qui représentent environ 2 % des plus de 3 millions de Palestiniens vivant en Cisjordanie, à Gaza et à Jérusalem-Est - continuent de quitter leur terre natale. Même si ces départs ne sont pas comparables à l'exode qui avait accompagné le début de la deuxième intifada, ils inquiètent la hiérarchie chrétienne. Le Pape Benoît XVI, qui doit célébrer aujourd'hui une messe à Bethléem, la ville de naissance du Christ, a ainsi à plusieurs reprises apporté un sou




