Menu
Libération
POUR MÉMOIRE

Un procès pour garder à vue Aung San Suu Kyi

Réservé aux abonnés

Birmanie. Début hier de la parodie de justice visant à écarter l’opposante des élections de 2010.

ParArnaud Dubus
BANGKOK, de notre correspondant
Publié le 19/05/2009 à 6h51, mis à jour le 19/05/2009 à 6h51

Dès les premiers instants du procès de la dirigeante du mouvement démocratique de Birmanie, Aung San Suu Kyi, les juges ont montré de quel côté penchait la balance de leur justice. «Suu Kyi», ont-ils appelé, alors que l'accusée s'apprêtait à pénétrer dans la salle du tribunal. En oblitérant la première partie de son nom, ils souhaitaient la dissocier de son père, Aung San, héros de l'indépendance birmane assassiné en 1947 et révéré par l'ensemble de la population.

Si cet incident montre la partialité du procès qui a débuté hier, il témoigne aussi du magnétisme de cette femme, accusée d'avoir hébergé pendant deux jours John Yettaw, un Américain qui a fait irruption dans la maison où elle est assignée à résidence depuis 2003. Face à l'affront, Aung San Suu Kyi a refusé de pénétrer dans la salle du tribunal, lançant : «Si vous ne pouvez pas m'appeler par mon nom correct, je ne bougerai pas.» Penauds, les juges ont finalement prononcé correctement le nom de l'accusée. Une première victoire pour la «Dame de Rangoun» : jamais les médias birmans, porte-voix de la junte, ne mentionnent son nom complet dans leurs colonnes.

Homme-grenouille. «Elle a un charisme très fort. Nous l'avons vu en 1989, quand des militaires la menaçaient physiquement de leurs armes. Elle ne se laissait pas impressionner», indique Soe Aung, du Forum pour la démocratie en Birmanie, une organisation d'opposition basée en Thaïlande. Comme prévu, Aung San Suu Kyi a réfuté

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique