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Libération

En Pologne, c’est-à-dire partout

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Publié le 27/05/2009 à 6h53, mis à jour le 27/05/2009 à 6h53

La Pologne d’aujourd’hui, la vraie, ne s’était pas déplacée. Elle était aux terrasses des nouveaux bistros, à la campagne, à ses occupations - partout, sauf à ce rassemblement de la Place de la Constitution, en plein cœur de Varsovie, où les figures de Solidarité appelaient à fêter, samedi dernier, le vingtième anniversaire des élections du 4 juin, celles dont était sorti le premier gouvernement démocratique du bloc soviétique.

Quelques voix des temps héroïques retentissent dans une mauvaise sono. «Merci Solidarité !» proclament les affiches mais il y a si peu de gens que tout le monde tient à l'intérieur du centre culturel où l'on sert boissons et biscuits secs. Aux murs, de grands tirages retracent, en noir et blanc, les étapes de la lutte polonaise, les grèves d'août 1980, les dix-huit mois du syndicat libre qu'elles avaient imposé au régime communiste, «l'état de guerre» du général Jaruzelski, la «table ronde» qu'il avait dû réunir en février 1989 et ces élections, enfin, qui avaient préfiguré la chute du mur de Berlin. Aux murs, les hommes et les femmes qui avaient enterré le communisme ont la beauté du combat. Vingt ans après, sous leurs photos d'alors, ils sont vieillis, alourdis, paumés dans un pays qui ne leur ressemble plus.

Ils ont gagné, mais que la liberté était belle sous le communisme ! Elle était imagination, bataille, intelligence collective d'un peuple qui, dès 1956, avait fait reculer le parti unique avant de l'abattre en trois déc

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