Comme dans les westerns, Berriane est un village battu par le vent, au milieu d’une plaine aride parsemée de cactus. Comme dans les westerns, Berriane est séparée en deux par une rue principale. Comme dans les westerns, plus personne ne la traverse depuis que Mozabites et Arabes sont en guerre, les uns d’un côté de la route, les autres en face. Mais contrairement aux westerns, il n’y a pas de saloon pour régler ses comptes puis se réconcilier devant un verre de whisky.
Berriane est une ville triste et pauvre, coupée en deux par la route nationale 1, qui traverse toute l’Algérie du nord au sud, et désormais par la haine. A chaque coin de rue sont postés des véhicules de la police et de la gendarmerie, quand ils ne patrouillent pas en roulant au pas. Une caserne est en construction sur les hauteurs. A la moindre étincelle, tout peut exploser à nouveau. Cela fait plus d’un an que cette agglomération de 35 000 habitants est le théâtre de violents troubles intercommunautaires dont on a du mal à démêler s’ils sont sociaux, religieux ou politiques.
A 50 km au nord de Ghardaïa, Berriane est l'un de sept ksours mozabites. Cette communauté a toujours été à part dans le melting-pot algérien. Les Mozabites sont à l'origine une communauté religieuse née au moment de la scission chiite : leur surnom de Kharidjites («ceux qui sont sortis»… de l'islam) résume à lui seul leur supposée hérésie. Fuyant les persécutions vers l'ouest, ils ont fini par s'installer dans la vallée d




