N'étaient les deux soldats israéliens postés en permanence dans leur guérite et les minarets des mosquées qui se détachent à quelques kilomètres, le panorama depuis Ramat Gilad (la «hauteur de Gilad»), une colonie sauvage au sud de Naplouse, respirerait la sérénité. Parmi les arbustes secs et les oliviers, les collines arrondies, encore un peu vertes en cette fin de printemps, succèdent aux vignes et aux champs de blé. Les Israéliens, qui se sont installés sur le promontoire, en plein territoire palestinien, sans l'accord des autorités israéliennes, sont convaincus qu'ils contribuent au retour du peuple juif sur sa «terre ancestrale». «L'ensemble d'Israël appartient au peuple juif, nous avons le droit d'y vivre et de nous y implanter», lance Deborah, 30 ans, assise sur un lit d'enfant au milieu d'un mélange hétéroclite d'étagères démontées, de chaises en plastique et de cartons de nourriture. Et d'ajouter, une pointe d'hésitation dans la voix : «Il n'y avait personne ici avant, on ne l'a pas volée cette terre.»
Idéologie. La jeune femme, mère de quatre enfants, vient de retourner dans sa maison rudimentaire, en préfabriqué, après une «fausse alerte» : un ordre d'évacuation des autorités israéliennes a expiré sans être suivi d'effet. Les dizaines de jeunes volontaires qui s'étaient chargés de faire les paquets de Deborah et de sa famille ramènent progressivement le mobilier en pièces détachées. «Mieux vaut revenir dans une maison




