Salué par les Etats-Unis et les Européens, rejeté par les Palestiniens, l’Egypte et la Syrie, le discours de politique étrangère du Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, suscite des réactions très partagées.
Dans quelle mesure ce discours constitue-t-il un tournant ?
«Etat palestinien». Benyamin Nétanyahou a finalement prononcé ces deux mots. Pour le chef du Likoud, le grand parti de la droite israélienne, il s'agit d'un retournement, au moins sémantique : pendant des années, Nétanyahou, symbole de la droite dure, a refusé d'évoquer la création d'un tel Etat. Lors de la campagne pour les législatives, il n'avait cessé d'insister sur le développement économique comme préalable à la paix avec les Palestiniens, sans jamais mentionner leurs revendications nationales.
Reste à savoir si Nétanyahou a entamé un véritable retournement idéologique. Les conditions draconiennes qu'il pose à la création d'un Etat palestinien - démilitarisation, absence de contrôle de l'espace aérien, interdiction de signer des pactes militaires - et le refus de geler les constructions dans les colonies et de diviser Jérusalem laissent penser qu'il pourrait ne s'agir que d'une formule rhétorique destinée à éviter les foudres de Washington. «Si Nétanyahou avait la plus petite conviction que les Palestiniens puissent accepter une quelconque des conditions qu'il a posées à la création d'un Etat palestinien, il n'aurait jamais dit ce qu'il a dit hier», commentait ainsi hier l'analys




