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Fuck Pékin

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D’expositions alternatives en blog incendiaire, l’artiste Ai Weiwei est le seul dissident à provoquer aussi durement le régime chinois. Malgré les pressions policières.

Publié le 22/06/2009 à 6h53, mis à jour le 22/06/2009 à 6h53

Ai Weiwei est un artiste apprécié, même de ceux qui ne le connaissent pas. C'est le concepteur du célèbre stade olympique de Pékin, en forme de nid d'hirondelle. Il a aussi inventé un mode de dissidence qui fait de lui, plus que jamais, un homme en danger. Ai Weiwei avait donné le ton de sa carrière en organisant, en 2000 à Shanghai, l'exposition alternative «Fuck Off» («Va te faire foutre»). Agent provocateur inspiré par Andy Warhol et Marcel Duchamp, il n'a cessé de récidiver, malgré le risque de se faire arrêter. Beaucoup le croyaient rentré dans le rang lorsque, sollicité par le cabinet d'architecture suisse à qui Pékin avait confié la réalisation du stade olympique, il a imaginé sa forme enchevêtrée. On l'inscrivait déjà au nombre de ces rebelles d'un jour, peintres ou cinéastes que les autorités parviennent à domestiquer en leur conférant honneurs et prébendes. Mais reprenant ses esprits, l'insoumis a soudain refusé d'assister aux JO, accusant le pouvoir communiste de les travestir en messe nationaliste de mauvais goût.

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Sur son blog, devenu l'un des plus célèbres de Chine, l'inclassable artiste de 52 ans ne craint pas de «chevaucher le tigre». Il ne réclame rien moins que la liberté de la presse ; condamne un régime qui aurait engendré une «société d'esclaves» et fulmine contre le «totalitarisme». Ai Weiwei a passé treize ans aux Etats-Unis, principalement à New York, où il a trouvé ses marques. Le retour en Chine,

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