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Libération
Interview

«Un nouveau front pour le Kremlin»

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Caucase . Thomas Gomart, spécialiste de la Russie, commente la tentative d’assassinat du président ingouche.

Publié le 23/06/2009 à 6h51, mis à jour le 23/06/2009 à 6h51

Iounous-Bek Evkourov, le président d'Ingouchie, une république du Caucase russe proche de la Tchétchénie, a été grièvement blessé hier dans un attentat. Libération a demandé à Thomas Gomart (1), directeur du centre Russie/Nouveaux Etats indépendants de l'Institut français des relations internationales (Ifri) d'expliquer les raisons de ce regain de violence dans une région connue pour son instabilité.

Sait-on qui est derrière ces attentats : mafias, règlements de compte ou islamistes ?

Dans cette région, la limite est souvent floue en ce qui concerne l'idéologie religieuse, les liens familiaux ou les mafias, il est donc difficile de désigner un commanditaire. Le Kremlin a, lui, tendance à placer tous les mouvements rebelles sous le vocable fourre-tout de wahhabisme. Mais, il est clair que les attentats qui viennent d'avoir lieu étaient ciblés, qu'ils touchent des représentants de l'Etat ou ceux des siloviki [structures de force, à savoir justice, police, services, ndlr]. Le président Evkourov était justement engagé dans une opération de contre-insurrection maîtrisée qui essayait de faire la part des choses entre l'utilisation des forces de police d'un côté et les liens avec la population de l'autre. Il y a deux mois, le Kremlin avait annoncé la fin du conflit en Tchétchénie, à savoir un règlement militaire et une solution politique. Deux mois plus tard, les violences ont rejailli sur l'Ingouchie et le Daguestan.

La fin de la guerre en Tchétchénie serait donc une illusion ?

Il faut se représenter le Caucase comme un espace fragmenté et déstabilisé. Il y a au nord une zone déstabilisée par la guerre en Tché

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