Pour l'instant, il est une seule certitude concernant l'attentat de Karachi : plus de sept ans après l'explosion d'une bombe qui a conduit à la mort de onze Français, on ne sait toujours pas ce qui s'est réellement passé. Jusque-là, les familles des victimes relayaient leur colère et leur indignation, pour se heurter à un silence quasi total des autorités qui privilégiaient une vague piste islamique. Depuis quelques jours, c'est un autre scénario qui a vu le jour : celui d'une attaque potentiellement liée à l'arrêt d'un versement de commissions par Paris au Pakistan en marge d'un contrat portant sur la vente de sous-marins. Certes, la semaine dernière, Nicolas Sarkozy a démenti cette «fable», jugée «ridicule et grotesque». Pourtant, les pièces du dossier d'instruction que nous avons pu consulter en exclusivité relancent toute l'affaire et obligent à se poser des questions. Ainsi, cette lettre de la Direction des constructions navales, qui estime elle-même que l'attentat contre le bus emprunté par ses salariés est la conséquence directe de ce contrat d'armement. Ou encore les communications des services de sécurité américains au Pakistan confirmant cette même théorie. Pourtant, jamais cette voie ne sera explorée. Elle sera même délibérément écartée, la justice choisissant de faire disparaître certains courriels embarrassants, en se retranchant derrière le «vice de compétence territoriale». Aujourd'hui, il est grand temps que la France se donne les moyens de
EDITORIAL
Indécence
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Publié le 25/06/2009 à 6h51, mis à jour le 25/06/2009 à 6h51
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