Des petits groupes de soldats, tantôt sud-coréens tantôt américains, marchent à vive allure ou courent d’un bâtiment à l’autre de la zone 5 du bloc sud de l’immense base américaine de Yongsan, dite Yongsan Garrison, au milieu de Séoul. Cinq mille GI sont stationnés ici, sur près de 450 000 mètres carrés, et leur quotidien évolue en fonction des tensions sur la péninsule coréenne.
Au milieu des vieux bâtiments en brique, l'agitation est perceptible. Yongsan Garrison est aussi le QG des forces américaines en Corée du Sud. «Ici sont regroupés trois commandements : américain, combiné [américano-sud-coréen, ndlr] et onusien. Merci, donc, de ranger votre appareil. Pas de photo», prévient Kim Yong-kyu, un porte-parole des forces US à Séoul, tandis que des berlines noires transportant des responsables militaires s'immobilisent devant un édifice bâti par les Japonais pour une énième réunion d'état-major quand ils occupaient la péninsule (1910-1945).
«Les Etats-Unis et la Corée du Nord sont toujours en guerre formellement. Aucun traité n'a jamais été signé avec le régime de Pyongyang pour remplacer la trêve conclue après la guerre de Corée», rappelle sur un ton professoral un homme en uniforme, dans un grand bureau où des soldats sud-coréens ont le regard plongé dans des écrans. Après le second essai nucléaire de la Corée du Nord, le 25 mai, suivi de multiples tirs de missiles, dont sept hier (voir ci-contre), le commandement combiné a placé ses troupes au niveau d'ale




