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Portrait

Rebiya Kadeer, l’égérie d’un peuple

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La leader du Congrès mondial ouïghour est en exil aux Etats-Unis.

Publié le 08/07/2009 à 6h51, mis à jour le 08/07/2009 à 6h51

Qui est cette femme de 62 ans que Pékin présente comme son ennemie numéro un ? Le jour où les émeutes d'Urumqi ont éclaté, Rebiya Kadeer, mère de onze enfants vivant aux Etats-Unis, a été désignée comme l'instigatrice en chef. «Les émeutes ont révélé la nature violente et terroriste de la leader du Congrès mondial ouïghour Rebiya Kadeer», a tonné la tête du PC chinois du Xinjiang, Wang Lequan. Depuis son exil à Washington, la meneuse a pourtant appelé les autorités chinoises à «mettre un terme à sa répression brutale de tous les Ouïghours du Turkestan oriental» et condamné toute violence, «y compris celle provenant de manifestants ouïghours».

L'histoire de Rebiya Kadeer est celle d'une ouïghoure qui a collaboré avec le pouvoir chinois, avant que celui-ci ne l'emprisonne. Née pauvre, elle a monté une blanchisserie, puis lancé une chaîne de magasins, pour finalement devenir la femme d'affaires la plus riche du Xinjiang. «La millionnaire», sobriquet par lequel l'appelaient les Ouïghours dans les années 1990, était aussi une mécène généreuse qui lança une ONG dont le but était de sortir de la pauvreté un millier de femmes ouïghoures. L'émancipation par l'argent, en quelque sorte. Les autorités chinoises, virent en elle l'occasion de trompeter leur politique à l'égard des «minorités ethniques», et la firent «élire» à la Conférence consultative du peuple chinois en 1995.

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