L'écrivain Abderhamane Waberi, né à Djibouti en 1965, vient de publier Passage des Larmes (J.-C. Lattès). Son précédent ouvrage s'intitulait : Aux Etats-Unis d'Afrique (J.-C. Lattès).
Que vous inspire ce premier voyage africain de Barack Obama ?
En choisissant de se rendre au Ghana, il donne, en quelque sorte, une prime à la démocratie. C’est tout de même le seul pays du continent à avoir connu deux alternances tranquilles ces dernières années. C’est aussi un pays important pour les Afro-Américains qui sont nombreux à s’y rendre.Le timing aussi est significatif. Il a pris son temps et ne fait pas dans la surenchère affective. Il veut traiter les Africains sans culpabilité ni infantilisation excessives. Il n’est pas question, ici, d’Obama l’Africain, comme on parlait jadis de Chirac l’Africain. On n’est pas, avec lui, dans une pseudo-relation familiale. En définitive, il traiter le Ghana comme il pourrait traiter la Croatie ou l’Argentine.
D’où le choix de ne pas se rendre, pour ce premier voyage, au Kenya ?
Oui, et de ce point de vue on peut distinguer plusieurs perdants dans ce voyage. Le Kenya, donc qui voulait faire dans le sentiment en l'accueillant. Mais le Nigeria, le pays le plus peuplé d'Afrique [situé près du Ghana, nldr], est également très vexé qu'Obama ait choisi de se rendre au Ghana. L'Afrique du Sud, le pays le plus puissant du continent, est également un autre grand perdant dans cette affaire. Apparemment, Barack Obama joue la montre. Il attend de voir ce que va donner la nouvelle équipe




