«C'est la première fois de ma vie que je vais au cinéma ! Je ne sais même pas à quoi cela ressemble.» Nur Khreim, 20 ans, le visage soigneusement maquillé sous son hijab, s'avance à pas timides vers le comptoir de la salle de cinéma flambant neuve, dans le centre de Naplouse, en Cisjordanie. «Nous avons tellement souffert de l'occupation, des couvre-feux, de la pression quotidienne. Ce cinéma va enfin nous permettre de nous changer les idées», ajoute la jeune femme, étudiante en ingénierie, accompagnée d'une amie.
Plus de vingt ans après la fermeture de ses salles, lors de la première Intifada, la capitale du nord de la Cisjordanie, renoue avec les plaisirs du grand écran. Après des années de chaos sécuritaire, de raids israéliens et de règne des groupes armés, la vie se normalise à Naplouse. Le calme est revenu dans la ville, longtemps considérée par Israël comme un bastion terroriste, grâce à la reprise en mains des services de sécurité palestiniens. Cette réforme, initiée il y a deux ans par le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, a été largement financée par les Etats-Unis et l’Union européenne. Elle fait sentir ses effets dans l’ensemble du nord de la Cisjordanie.
«Sans crainte». Ainsi, à Djénine, ville synonyme, comme Naplouse, de la deuxième Intifada, un centre commercial de luxe a récemment ouvert, attirant une clientèle locale aisée. «Cela faisait longtemps que j'avais cette idée de redonner vie à l'ancienne tradi




