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Libération

Les gays déçus par l’inaction d’Obama

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Etats-Unis. La lutte contre les discriminations légales est relancée.

ParAlexandra Geneste
NEW YORK, intérim
Publié le 15/07/2009 à 6h51, mis à jour le 15/07/2009 à 6h51

A 28 ans, le lieutenant Dan Choi est la fierté de ses subalternes. Diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, vétéran d’Irak, arabophone, et chef de peloton de la Garde nationale, à New York, son CV est irréprochable. A une exception près. Ce fils de pasteur sud-coréen est gay et n’a plus l’intention de le taire.

En mars, Dan Choi est sorti du placard à la une du Army Times et sur la chaîne de télévision MSNBC. Comme 265 autres militaires avant lui, qui, depuis janvier, ont osé révéler leur orientation sexuelle, ou ont été dénoncés, le jeune lieutenant vient d'être prié de rendre son uniforme. Sa faute tient en trois mots - «Je suis gay» - qui lui ont valu d'être radié. L'armée ne lui a pas laissé le choix. «Acceptez la radiation ou le procès», tel était l'ultimatum de son employeur.

«Le silence est inacceptable, inexcusable», confie Dan Choi, qui a tenté à 19 reprises de rallier ses parents à sa cause. En vain. «Ils ne l'acceptent pas, et ne sont pas près de le faire», regrette-t-il. Plus de 140 000 personnes ont eu beau envoyer au président Obama une pétition contre sa radiation, annoncée il y a peu, rien n'y a fait.

Depuis 1993, la loi «Don't ask, don't tell» (On ne demande pas, et vous ne dites rien) autorise les gays et lesbiennes à intégrer l'US Army, à condition de ne pas révéler leur homosexualité. Un compromis auquel Bill Clinton a cédé sous la pression du Pentagone et du Congrès, à défaut de les convaincre

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