L’enlèvement a eu lieu en quelques minutes, hier, répondant à un scénario savamment préparé. Un groupe d’hommes armés est arrivé à bord de deux véhicules, bloquant au préalable la rue devant l’hôtel Sahafi, dans la partie sud de Mogadiscio. Ils ont désarmé les gardes de sécurité postés à l’entrée de l’établissement et se sont dirigés sans hésitation vers les chambres où résidaient les deux Français. Ils les ont aussitôt emmenés dans leur pick-up, abandonnant derrière eux une petite voiture Toyota tombée en panne sur la route.
Guérilla. Selon le Quai d'Orsay, il s'agit de deux «conseillers, qui apportaient une aide au gouvernement en matière de sécurité». Depuis dix-huit ans, la guerre civile fait rage en Somalie, et le fragile gouvernement de transition, dirigé par le président Ahmed, un islamiste modéré élu fin janvier, et soutenu à bout de bras par la communauté internationale, fait face à une guérilla acharnée de la part des Shebab (les jeunes en arabe), accusés d'être liés à Al-Qaeda. Pour leur part, les autorités somaliennes affirment que les deux Français se trouvaient dans la capitale depuis plusieurs jours, pour notamment entraîner les forces de sécurité à la protection d'officiels du gouvernement.
Le gouvernement de transition, qui ne contrôle à peine qu'un cinquième de la ville, dispose d'une force très peu équipée, de moins de 3 000 hommes, provenant d'anciennes milices de divers chefs de guerre. Ils circulent en ville sans uniforme, à bord




