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Bakiev, l’as de la balance

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Kirghizistan. Le Président est en passe d’être réélu.

Kourman Bakiev le 29 mars 2005. (© AFP Vyacheslav Oseledko)
Publié le 23/07/2009 à 6h51, mis à jour le 23/07/2009 à 6h51

La réélection de Kourmanbek Bakiev à la présidence du Kirghizistan, un pays d'Asie centrale sans ressource de 5 millions d'habitants, est presque une certitude. L'intéressé, un homme de petite taille et d'apparence affable, est convaincu de la mériter. «Ceux qui ne voient pas nos succès devraient consulter un ophtalmologiste», a-t-il lancé à l'adresse de ses adversaires quelques semaines avant le scrutin d'aujourd'hui.

Démons. Porté au sommet en 2005 par la «révolution des tulipes», une protestation contre des législatives frauduleuses, l'homme a longtemps bénéficié d'une image de réformateur. Une image un peu usurpée puisque, dès qu'il a été appelé au pouvoir, l'ex-apparatchik, ancien Premier ministre du dictateur postsoviétique Askar Akaïev, a prévenu qu'il ne changerait rien à la politique extérieure du pays, faite d'un subtil équilibre entre Est et Ouest, ni n'entendait accepter un système parlementaire. Les tulipes kirghizes ont mis moins de temps à s'effeuiller que les roses géorgiennes à faner ou l'orange ukrainien à tourner à l'acide.

Le tandem libéral qu’avait formé Bakiev, originaire du sud du pays, avec son chef de gouvernement, l’opposant Felix Koulov, venant, lui, du Nord, n’a duré que deux ans. Les élections parlementaires de 2007 ont sonné le glas des réformes. La fraude a permis au parti du Président de renforcer son pouvoir et de renouer avec les vieux démons de la région - le clientélisme, le népotisme et la corruption -, contre lesq

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