Le maire de la petite ville de Prenzlau en ex-RDA était tellement content du travail de son directeur des services culturels pour la préparation du 775e anniversaire de la ville qu'il lui a accordé la médaille du travail, 1er ordre. Pour cela, Hans-Peter Moser, 45 ans et membre du Parti néocommuniste, die Linke, risque une sanction administrative : la médaille du travail, jadis décernée par Erich Honecker aux ouvriers méritants, a officiellement disparu avec la RDA. «C'était une plaisanterie, c'était idiot, je suis désolé», répète aujourd'hui Moser à qui veut l'entendre.
CV. Mais le maire n'en est pas à son premier dérapage sur le terrain de l'«Ostalgie» (la nostalgie de la bonne vieille RDA) qui, vingt ans après la chute du Mur, compte nombre d'adeptes dans l'Est du pays. Hans-Peter Moser est un ancien membre de la SED (Parti communiste) et, surtout, l'un des 91 000 Allemands de l'Est qui ont travaillé pour la Stasi, la police politique du régime, sans qui la dictature n'aurait jamais pu durer si longtemps.
Aujourd'hui encore «10 000 à 15 000 anciens membres de la Stasi sont employés dans les administrations de l'Est du pays», s'alarme Klaus Schroeder, chercheur à l'université libre de Berlin. Et ce, malgré une loi de 1991 qui recommandait aux Länder de vérifier le passé de leurs salariés. De fait, ces Länder se sont montrés cléments. «La vérification du curriculum vitae des salariés au moment de la réunification a




