Le président somalien se montre plus facilement à New York ou Nairobi, pour un entretien avec Hillary Clinton, que dans les rues de Mogadiscio. Confiné dans son palais présidentiel, la Villa Somalia, sous haute protection, Sharif Cheikh Ahmed, élu président du gouvernement de transition en janvier, ne contrôle pas son pays, et à peine un quart de la capitale, le reste étant aux mains des milices islamistes shebab, liées à Al-Qaeda, qui ont juré de le renverser.
La donne a été changée en 2006, lorsqu'il dirigeait les tribunaux islamiques, avec Cheikh Aweys, allié aux shebab (les «jeunes») et considéré comme un terroriste notoire. L'armée éthiopienne, soutenue par les Etats-Unis inquiets de voir s'établir un pouvoir islamiste à Mogadiscio, les avait chassés du pouvoir. Cheikh Aweys a juré vengeance, tandis que Cheikh Ahmed a choisi de négocier et a été élu président. Il constitue l'unique espoir de la communauté internationale, qui, friande de ce genre de catégories, l'avait toujours considéré comme un islamiste «modéré».
Obus. Cet ancien professeur en religion dénonce désormais ses ex-alliés et la main de l'Erythrée, qui soutient activement les islamistes en Somalie pour mettre la pression sur son voisin éthiopien. «Je suis conscient que nous avons beaucoup de chemin à faire, admet-il. Mais la porte est ouverte à tous ceux qui acceptent de négocier avec nous. D'ores et déjà, de nombreux combattants de l'opposition nous ont rejoints, car il




