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Analyse

L’Iran vise l’étranger pour mieux réprimer

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Avec la comparution surprise de la jeune Française Clotilde Reiss et d’employés iraniens des ambassades française et britannique devant le tribunal révolutionnaire de Téhéran, samedi, la crise postélectorale en Iran a pris une tournure très internationale.

L'employé iranien de l'ambassade britannique, Hossein Rassam, en procès à Téhéran le 8 août 2009 (AFP Ali Rafiei)
Publié le 10/08/2009 à 6h51, mis à jour le 10/08/2009 à 6h51

Clotilde Reiss, 24 ans, est apparue samedi matin en jean, tunique sombre et les cheveux recouverts d'un foulard aux motifs géométriques pour une «confession», qui a pris de court jusqu'à sa famille et l'ambassade de France à Téhéran, qui ne s'attendaient pas à un tel développement. La jeune lectrice de l'université d'Ispahan, arrêtée le 1er juillet, s'est livrée à des «aveux» dont tout laisse à penser qu'ils avaient été dictés lors de sa détention dans la prison d'Evin.

«J'ai écrit un rapport d'une page et l'ai remis au patron de l'Institut français de recherche en Iran (Ifri), qui dépend du service culturel de l'ambassade de France», a-t-elle répondu, en farsi, au juge qui lui demandait si elle avait écrit un rapport sur les manifestations contre la fraude ayant permis la réélection de Mahmoud Ahmadinejad, le 12 juin, dès le premier tour de la présidentielle.

Elle a aussi «avoué» avoir «participé» aux manifestations des 15 et 17 juin à Ispahan. «Je voulais voir ce qui se passait […] mes amis et ma famille étaient inquiets, je leur envoyais des mails pour leur dire que les rassemblements étaient calmes.» La presse et les diplomates étrangers étant interdits d'assister au procès, toutes ces déclarations ont été rapportées par l'agence officielle Irna.

La jeune femme a aussi reconnu avoir rédigé par le passé, dans le cadre d'un stage au Commissariat à l'énergie atomique (CEA) où travaille son père, un rapport sur «les politiques en Iran en lien av

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