La junte birmane voulait se donner une image magnanime, mais l’effet est complètement raté. Au terme d’un procès de près de trois mois, la dirigeante du mouvement démocratique birman, Aung San Suu Kyi, a été condamnée à trois ans de travaux forcés pour n’avoir pas dénoncé la présence d’un Américain, John Yettaw, qui s’était introduit subrepticement dans sa résidence. Immédiatement après le verdict, un ministre a lu, dans la salle du tribunal, un décret spécial rédigé par le chef de la junte, le général Than Shwe, commuant cette peine en 18 mois d’assignation à résidence. Cette réduction de peine n’a pas empêché un tollé de réactions indignées (lire page 4), non seulement des pays occidentaux, mais aussi de certains voisins asiatiques de la Birmanie.
«Pièce de théâtre». «Ce verdict est conçu pour faire apparaître le régime militaire comme bienveillant, mais il ne faut pas s'y laisser prendre : le seul verdict acceptable est une libération inconditionnelle d'Aung San Suu Kyi», estime David Mathieson, expert sur la Birmanie pour l'organisation Human Rights Watch. L'ingérence du chef de la junte dans le procès ôte implicitement toute crédibilité au processus judiciaire. «Une pièce de théâtre politique», résume Maung Zarni, expert sur la Birmanie à la London School of Economics. L'Américain John Yettaw a été condamné à sept ans de travaux forcés.
Le régime militaire, en place depuis 1962, a atteint son objectif : empêcher Aung San Suu Kyi d'influe




