La condamnation de la dirigeante du mouvement démocratique birman Aung San Suu Kyi devrait amener un nouveau tour de vis dans les sanctions occidentales contre la Birmanie. Mais celles-ci peuvent-elles ébranler un régime qui semble se complaire dans l'isolationnisme ? Force est de constater que, jusqu'à présent, leur effet sur la junte militaire a été très limité. «Le problème est que, depuis vingt ans, les Birmans souffrent, alors que les généraux arrivent à contourner les sanctions. Celles-ci n'ont pas provoqué de changement. Nous devrions trouver quelque chose d'autre», estime Harn Yawnghwe, directeur de l'organisation Euro-Burma, basée à Bruxelles et dont l'objectif est d'aider la population à se préparer à l'après-dictature. Les premières sanctions ont été imposées immédiatement après la répression brutale des manifestations prodémocratiques de l'été 1988, avec l'embargo américain et européen sur les ventes d'armes. A la fin des années 90, sous la pression d'une campagne militante, plusieurs entreprises américaines et européennes - Levi Strauss, Pepsi Cola, Motorola, Heineken entre autres - ont fermé leurs activités en Birmanie.
Sanctions ciblées. En 2003, une nouvelle série de mesures, visant personnellement les leaders de la junte et leurs associés, ont été prises par les Etats-Unis puis l'Union européenne. Pour de nombreux militants des droits de l'homme, ce sont ces sanctions ciblées, concernant les avoirs bancaires, l'octroi de visas et l'e




