Des amas de chair gisant à même le sol et des corps calcinés enchevêtrés dans leurs voitures devant le ministère des Affaires étrangères. A quelques centaines de mètres, la même scène s’est reproduite en face du ministère des Finances enveloppé dans une épaisse fumée et détruit pour la seconde fois en l’espace de deux ans. Bagdad a vécu, hier, au rythme des sirènes d’ambulances et des transports endiablés vers les morgues locales. Au moins 95 personnes ont ainsi trouvé la mort et 563 autres ont été blessées dans deux attentats-suicides qui ont dévasté les quartiers hyperprotégés du cœur de la capitale irakienne, tout près de la «zone verte» abritant l’ambassade des Etats-Unis et le siège du gouvernement.
Cratère. L'attaque au camion piégé la plus violente, qui s'est produite devant le ministère des Affaires étrangères, a laissé un cratère de 3 mètres de profondeur et de près de 10 mètres de large au centre-ville, occasionnant la mort d'une cinquantaine de personnes. Le quartier dévasté prenait hier des airs de cité bombardée avec ses façades d'immeubles écroulées, ses arbres brûlés et les cris des blessés appelant des secours débordés par l'ampleur de l'explosion.
Il s'agit de la journée la plus meurtrière dans la capitale irakienne depuis le 1er février, lorsque 98 personnes avaient été fauchées par un attentat commis dans un marché populaire. Un autre camion piégé, chargé d'une tonne d'explosifs, a pu être désamorcé avant qu'il n'explose à quelque




