Les Kennedy sont la «légende américaine». Joe, le père fondateur de la dynastie, avait dit une fois de ses enfants : «J'ai donné neuf otages au destin.» On connaît la suite. Un fils mort à la guerre, deux autres assassinés. Ted est le seul parmi les quatre fils à avoir passé la quarantaine. Pour les petits enfants, des accidents mortels, des overdoses, des accusations de viol, des couples explosés.
Des destins tragiques, qui ont nourri le mythe de cette dynastie qui fascine l'Amérique depuis bientôt cinquante ans. Peter Collier et David Horowitz, dans leur excellent livre The Kennedys, rappellent que «la présidence et l'assassinat ont drogué la nation aux Kennedy, faisant des livres et des articles sur leurs romances et leurs tragédies comme un sous-secteur de l'édition américaine.» Ils auraient pu ajouter que quarante ans après la mort de JFK, le reste du monde est toujours fasciné par cette famille qui a incarné le siècle américain, depuis le père, trafiquant d'alcool, pronazi à l'immense fortune mal gagnée, jusqu'aux héritiers perdus et médiocres. L'adoubement de Barack Obama par Caroline, la fille du Président, et par Ted, le frère, a ainsi consacré le candidat noir et sonné la fin des Clinton.
Les Américains, qui en bons et fiers républicains adorent les dynasties, ont fait des Kennedy leur légende royale, qui n’a rien à envier aux Windsor en termes de sales secrets de famille, dysfonctionnements, maladies cachées et tares. Ted, disparu mardi, i




