La plupart des organes greffés en Chine proviennent de condamnés à mort qui viennent d'être exécutés. Ce n'est pas une révélation, mais l'aveu fait mercredi par le très officiel quotidien d'Etat chinois, le China Daily. Selon ce journal, 65 % des organes greffés sont extraits des corps de prisonniers exécutés. Jusqu'à présent, Amnesty International évaluait ce chiffre à 90 %.
La Chine fait face à une pénurie d'organes. Les dons sont loin de satisfaire la demande. Les médecins font quelque 10 000 greffes par an, alors qu'un million et demi de personnes attendent un organe. Théoriquement, les condamnés exécutés donnent leur consentement au prélèvement de leurs organes, mais étant donné les conditions de leur incarcération, il est fort probable que ce consentement ait été extorqué. «Ce n'est pas la source adéquate», reconnaît le vice-ministre chinois de la Santé, qui a annoncé la création d'un organisme chargé de gérer les dons d'une manière plus transparente.
L'utilisation à des fins médicales des organes des condamnés à mort est un thème récurrent depuis la fin des années 80. Une des premières personnes à avoir attiré l'attention sur cette pratique scabreuse est le dissident Harry Wu, un homme qui a passé dix-neuf ans dans les camps chinois (1960-1979). Emigré au Etats-Unis, l'homme a ensuite consacré sa vie à révéler le monde du laogai (les camps de rééducation), cet équivalent chinois des goulags. Il est même retourné en Chine avec une caméra et, da




