Retour à la case départ pour Saad Hariri. Désigné le 27 juin pour former le nouveau gouvernement libanais après la victoire de son camp aux législatives, le Premier ministre vient de renoncer à cette mission impossible. Après soixante-treize jours de pourparlers infructueux avec les différents partis politiques du pays, il a constaté son échec à composer une équipe ministérielle satisfaisant les différentes forces en présence. Lundi, il avait joué son dernier atout en présentant une proposition de cabinet au Président. Cette proposition, qui octroyait 15 ministères à la majorité, 10 à l’opposition et 5 à des proches du président de la République, respectait la formule du gouvernement dit «d’union nationale», mais elle avait été rédigée sans l’aval de l’opposition. Au cœur de la bataille, un certain nombre de portefeuilles clés et le nom du prochain ministre des Télécommunications. Dès lors, le Président, Michel Sleimane, devra entamer dès mardi de nouvelles consultations parlementaires. Mais les élus de la majorité ont d’ores et déjà indiqué qu’il nommerait encore une fois Saad Hariri.
Saad Hariri l’inexpérimenté
Son père ayant façonné le Liban de l'après-guerre civile, dirigeant cinq gouvernements entre 1992 et 2004, le fils ne pouvait qu'être Premier ministre. Lorsqu'un homme politique est assassiné, comme Rafic Hariri en 2005, son fils, sa fille, son frère ou sa veuve se doit de se hisser sur le siège du défunt, juste en dessous de la photo grandeur nature du parent martyr. Saad Hariri a attendu quat




