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L’ami sulfureux de Paris favori pour l’Unesco

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Résultat d’un billard diplomatique, la France appuie la candidature du ministre égyptien accusé d’antisémitisme à la tête de l’organisation.

Farouk Hosni en août 2008. (AFP)
Publié le 17/09/2009 à 0h00

Un antisémite à la tête de l'Unesco? C'est le cauchemar redouté par Elie Wiesel, Claude Lanzmann et Bernard-Henri Lévy (1), si jamais le ministre égyptien de la Culture, Farouk Hosni, était élu dans les jours qui viennent. Dans une tribune au vitriol, publiée en mai dans Le Monde, ces intellectuels avaient dénoncé les choquantes déclarations de l'inamovible ministre. Les propos ont de quoi heurter : «La culture israélienne est une culture inhumaine; c'est une culture agressive, raciste, prétentieuse, qui se base sur un principe tout simple : voler ce qui ne lui appartient pas.» Hosni a aussi dénoncé «l'infiltration des juifs dans les médias internationaux», sans parler de sa diatribe au Parlement où il s'engageait à «brûler» les livres en hébreu s'il en trouvait dans les bibliothèques égyptiennes (lire ci-dessous).

Depuis, Farouk Hosni, dont l'antisémitisme s'apparente plutôt à un populisme anti-israélien très répandu dans la classe politique égyptienne, a fait amende honorable dans une tribune, elle aussi publiée par Le Monde, où il «regrette les mots prononcés». Le «chasseur de nazis» Serge Klarsfeld lui a apporté son soutien. Pas assez pour mettre fin à la polémique alors que le vote, qui pourrait prendre plusieurs jours, débute aujourd'hui. D'autres griefs sont venus s'ajouter, notamment sur la corruption de l'entourage du ministre : trois proches collaborateurs, dont son directeur de cabinet, Ayman Abdel Moneim, ont é

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