Elle habite l'une de ces barres de béton anonymes construites à la hâte un peu partout à l'ouest de Berlin dans les années 60. Cette Polonaise avenante de 45 ans vit dans le quartier populaire de Wedding avec son mari et ses deux enfants depuis cinq ans. Quatre étages, une cage d'escalier carrelée, des petits rideaux à volants aux fenêtres… Tout le confort standard. «Je ne me plains pas, les voisins sont calmes et plutôt sympathiques. Mais l'immeuble aurait bien besoin de réparations. Le vent passe entre les fenêtres et en été, il fait une chaleur insupportable. Le gérant de l'immeuble dit qu'il ne fera rien : ici, presque tout le monde est sans travail et vit comme nous de Hartz IV.»
«Hartz IV» ? Le mot qui fait désormais partie du langage courant outre-Rhin est devenu synonyme de précarité et de pauvreté. Il désigne un système d’aide sociale né des réformes adoptées en 2004 par les Verts et les sociaux-démocrates et devenu si impopulaire qu’il a coûté sa réélection à Gerhard Schröder fin 2005.
Jusqu’à perdre toute dignité
Aujourd’hui, alors que 17 % des Berlinois vivent de Hartz IV, ce système est la cible principale de la campagne électorale des néocommunistes de Die Linke, crédités de 10 % des voix dans les sondages, mais dont le score pourrait dépasser 25 % dans certaines régions de l’ex-RDA particulièrement touchées par le chômage. Hartz IV embarrasse au plus haut point le SPD (sociaux-démocrates) et la CDU (démocrates-chrétiens) de la chancelière Angela Merkel. Tous deux évitent autant qu




